Éditorial : En désamour pour la lecture, les jeunes disent et écrivent n’importe quoi – AZ-INFOS

La lecture, cet excellent moyen pour acquérir le savoir, la prise de parole soutenue et le style de rédaction peaufinée, a perdu son rôle d’accès à la culture grammaticale et la citoyenneté. Aujourd’hui, presque tous les jeunes en Haiti préfèrent de loin l’image au livre. Tout au plus, ils préfèrent la lecture numérique qu’ils trouvent plus facile.

D’après un constat fait dans plusieurs écoles de la capitale : les élèves ne lisent plus, ce qui indiscipline leur niveau de langue et d’écrit, avec un créole ou français saccagé, notamment à titre d’exemple : tfk pris pour tu fais quoi, gtm pris pour je t’aime, ce qui entraîne un fossé grammatical dans leur production écrite aux examens.

Sur le plan moral, les jeunes ne maîtrisent plus l’art de converser ainsi que la beauté du langage soutenu, en effet ils ont toujours le verbe grossier et haut dans toutes les grandes occasions comme : ey yow ti baz granmoun nan pa vle m poulòp aswè a non, Èske w ap fè school la demen ? Les raisons de ce désamour pour la lecture sont à chercher dans les milieux scolaires et même universitaires, le faible niveau des élèves et étudiants, les programmes dépassés et inadaptés. Parents, élèves, enseignants, dirigeants étatiques, tous coupables ? Un des journalistes rédacteurs a fait promener son magnétophone chez plusieurs jeunes et enseignants pour découvrir la cause de cette crise aigüe de lecture.

« Je n’aime pas lire, parce que je n’ai pas grandi dans un quartier où il y avait une bibliothèque communautaire » lance un élève NS4. » La lecture est une perte de temps, en plus tous les jeunes de ma zone n’aiment pas lire. » souligne une jeune fille issue de Tabarre.

Trouvé dans la « salle de profs » le professeur Momento indexe les programmes scolaires qui, non seulement depuis longtemps n’ont pas été révisés, mais aussi qui sont des programmes scolaires importés n’ayant qu’un seul but de déculturer les jeunes de toutes leurs essences liées à leur propre culture.

Si les parents ignorent que la lecture doit être un sujet de conversation à la maison, s’ils ne glissent jamais dans la chambre des enfants des livres de leur niveau. Si l’État ne se met pas à travailler sur le type d’élite intellectuelle qu’il veut implanter au sein de son pays, si le cadre approprié pour inciter les potaches à lecture continue à faire défaut la génération à venir ne serait-elle pas parsemée des écervelés jeunes ? En tout cas, prévenir vaut mieux que guérir.

Lanez Duversaint

Un commentaire

  • “L’esprit a besoin de la lecture comme le corps de nourriture”. Par ces propos je n’ai fait que reprendre V. Hugo. Le constat fait ici est partagé par tous, ou presque. Avec les SMS la mort de l’orthographie se fait sentir. On ne sait pas si l’on peut ressusciter cette mort mais on doit le faire.
    Pour ma part, Lanez, on doit prendre le problème en aval puisque “nihil fit ex nihilo”.

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