Éditorial : Le kidnapping, l’herbe vénéneuse à inéxoralement détruire du jardin social d’Haïti – AZ-INFOS

Si depuis environ deux mois le Corona-virus fait rage à travers le monde, notamment en Chine. Cependant, chez nous autres haïtiens, nous sommes sur le ring et dos au mur face à un fléau aussi catastrophique, le kidnapping. En effet, ces dernières semaines, ceci prend une ampleur telle que plus d’un se demandent si le fond n’est pas atteint. Plus loin, il faudra questionner surtout le silence de l’État haïtien sur ce phénomène qui regagne férocement nos quotidiens et nous jette dans une peur bleue. Oui, nous sommes tous condamnés dos-à-dos à la paix ! Nous devons changer la donne !

En fait, il n’est un secret pour quiconque, ces derniers jours la question d’enlèvement s’installe dans tous les salons haïtiens. Particulièrement dans la zone Métropolitaine, où la situation semble être plus corsée. La majeure partie des instants on n’entend parler que d’une kyrielle de cas enregistrés. Et ce, sous les yeux d’une institution policière (PNH), semble-t-il, dépassée par les évènements.

À bien entendre les responsables de la Police Nationale d’Haïti (PNH) lors de leur récente prise de parole, ils banalisent tout carrément la portée de de cet acte abject dans le pays. Ils pointent surtout les réseaux sociaux et les médias comme étant des agents de vulgarisation de fausses informations concernant les multiples cas d’enlèvements suivis d’assassinats jusque-là ayant lieu. C’est donc une véritable humiliation pour ces familles succombées aux lois meurtrières de ces malfrats, qui souffrent en silence et soignent leurs blessures d’une profondeur déconcertante. Kidnappings simulés par des gens malhonnêtes, oui y en a, mais Messieurs et Mesdames, responsables de l’institution policière, dire que l’affaire n’a pas une telle propension c’est tout carrément décider de faire la sourde oreille aux cris des victimes, de la population tout entière. Les cas sont fréquents et prennent chairs partout et ailleurs, il nous faut dire NON !

Ils nous ont promis de la sécurité, mais finalement ne nous est servi que le plat de l’insécurité, faut-il le déguster ? NON, la jeunesse doit dire NON !

Continuer à faire la fête, à se déhancher au carnaval, à multiplier les programmes malsains, tout ça sur le sang de nos sœurs et frères déjà assassinés malgré versement complet des rançons réclamées ? Peut-on continuer à accepter que nos pairs tombent cruellement sous les caprices des marchands d’organes ?

La dernière fin de semaine du mois de Janvier 2020, des chiffres venant de partout ont fait état de plus d’une dizaine d’enlèvements relevés entre Delmas 19 et Delmas 75. Alors qu’aucun chef de la PNH n’ait intervenu pour clarifier ce dossier. On patauge dans le flou total, abandonnés au beau milieu d’une mer en furie dont les vagues n’aspirent qu’à nous emporter sur le bord de la perdition. En réalité, comment un peuple ayant accouché l’une des plus belles pages dans l’histoire de l’humanité, peut-il rester planté dans une léthargie telle qu’il ignore ses progénitures étant entrain d’être lynchées moralement et physiquement ?

Plus loin, marcher en groupes importants, éviter d’être seuls dans certains espaces isolés, être vigilants, oui c’est de la prudence, néanmoins ne sont pas des éléments de solution, mais des dispositions sujettes à nous porter à accepter le kidnapping dans le pays. En aucun cas, nous ne devons chercher à nous adapter à la situation. Ainsi faisant, c’est nous tuer à petit feu. À l’instar de Thomas Sankara, disons : « Seule la lutte libère. » Autrement dit, il est d’une importance capitale que les filles et fils de la Première République Noire libre se joignent les coudes pour éradiquer le kidnapping dans notre sein.

Dirait-on qu’on se rend pas compte du fait que l’épidémie frappe à toutes les portes sans faire acception de personne : Enfants, adolescents, jeunes, adultes, écoliers, étudiants, professionnels et autres, tous pris en otage sans nourrir le désir de crier  » ASSEZ « . Quelle torpeur ! Bref, « À chacun un prix » , on se blague de l’affaire, ainsi va le train de la honte, de la criminalité organisée, on se dirige naïvement vers le lieu inconnu tant redouté.

Un peuple perdu, désappointé et désaxé cherchant désespérément un point final à sa peur, sa douleur. Un coup d’arrêt à ce liquide noirâtre qui ne cesse de couler, une serviette épaisse pour essuyer cette rigole de larmes de chagrin et d’anxiété dans les yeux de ses enfants dont la douleur, semble-t-il, n’est qu’à son aube. Pendant ce temps-là, Parlementaires et Président de la République à couteau tiré s’acharnent à défendre leur mandat, et ce, au détriment de l’intérêt du grand nombre. Ils ignorent notre mal, leurs yeux d’humanité sont crevés sous l’effet poignant de leurs poussées mesquines. On est face à un peuple qui, faute d’éducation, nie qu’il est le titulaire par excellence du Pouvoir; il confie son destin à des sans-cœurs, sans-personnalités, sans-gênes, sans-humanités, sans-scrupules. Quelle désillusion ! Quel désarroi !

Important que dans toutes les contrées du pays les gens se réveillent brusquement de leur torpeur et réclament le respect du droit à la vie, une branche traitée reconnue par tous les documents de droits humains (national ou international ). En outre, politiciens, membres de la société civile, quels que soient votre classe ou votre statut vous n’êtes pas exempts. Vous non plus, vous n’allez pas vous en sortir, c’est bien à chacun des filles et fils du pays, d’une même voix, d’un même esprit et avec les poings serrés de dire définitivement NON au kidnapping sous quelle que soit la forme. Car, c’est une pratique sanguinaire qui ne tend qu’à ternir encore plus l’image d’Haïti.

De ce fait, on ne peut et ne doit pas rester les bras croisés à assister à la montée vertigineuse de cette pratique odieuse au sein de notre société, jadis reconnue comme terre de bonne vertue. Le kidnapping est un vent qui, sur sa route, est capable de bousculer jusqu’à même emporter les arbres les plus enracinés. Aujourd’hui, on vit dans une peur sans égale, notre 27 750 Km² devient un espace hanté.

L’union fait la force, alors devons-nous nous unir pour faire échec à ce plan macabre destiné à semer le deuil dans toutes les familles hatiennes, nous n’en pouvons plus. Nous devons rebeller, il nous faut prendre notre destin en main.

Éteindre la flamme de l’insécurité n’est de l’apanage que de la population dans toute son entièreté ! Osons nous réveiller de notre assoupissement. Ce n’est de là que va venir le souffle nouveau dont nous revons toutes et tous !

NON AU KIDNAPPING !

Que des jours meilleurs s’ouvrent sur Haïti de demain !
Que la jeunesse se réveille !
Que les citoyens prennent conscience de leur pouvoir !
Haïti doit revivre !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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