Promesse d’électricité 24/24 à l’électricité au compte-goutte, les citoyens s’indignent – AZ-INFOS

Nous sommes le mercredi 10 Octobre 2018, suite à l’annonce étonnante du président de la République d’Haïti Jovenel Moïse, celle de doter tout le pays de l’électricité 24/24, le directeur général de l’Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l’Energie (ANARSE), dans une interview accordée par voie de la presse parlée, le Dr Évenson Calixte, a présenté au public, à grand renfort de chiffres et de statistiques, le plan d’électrification du pays 24 heures sur 24.

À la lumière des données communiquées par le titulaire de l’ANARSE, il paraît de plus en plus évident que la bataille du président Jovenel Moïse ne sera pas remportée en 24 mois comme il en avait fait lui-même l’annonce des mois auparavant.

Nous sommes maintenant en 2020, ce qui fait deux ans et plus depuis que le peuple haïtien est accroché à bout de souffle à une promesse d’électricité 24/24 soulevant des débats et des controverses. Pour mieux vous faire comprendre et déchiffrer la toile de fond de ces débats corsés mettant en ébullition les rues du pays, AZ-INFOS a fait promener son micro dans tous les coins de la capitale concernant ce phénomène d’électricité au compte-goutte.

On n’est pas sans savoir que les contrats de Haytrac, Sogener S.A, E-Power avec l’État haïtien et l’EdH étaient tous différents. Chaque fournisseur avait des clauses précises qui ne se retrouvent pas toutes dans les autres contrats. Cela a un coût sur le prix de l’électricité facturé à l’EdH. Si un contrat stipule qu’à la fin de l’exploitation, les équipements resteront la propriété du fournisseur, le prix sera plus bas. Malgré cette explication, pourquoi l’État a-t-il fini par demander divorce à ces fournisseurs ?

Au sens d’un citoyen à l’allure politique qui semblait bien avoir l’appétit de la parole devant le micro de AZ-INFOS en vue d’expliquer de fil en aiguille la cause de la scission de l’État avec les géants fournisseurs d’électricité a confié qu’on ne peut pas accuser les compagnies d’être responsables du manque d’électricité. « L’EdH a contracté les fournisseurs pour une quantité précise de MW. L’Électricité d’Haïti n’a pas payé pour la quantité d’électricité qui pourrait alimenter tout le pays ; elle n’en a pas les moyens. »

Un citoyen, en outre, n’a pas caché son indignation face la promesse de l’électrification ratée de l’ile entière propagandée par Jovenel Moïse : « même si nos dirigeants nous habituent à vivre dans la malpropreté, notre bec sait apprécier le goût de ce qui est bon. Nous ne saurions nous opposer à la vertu. Bien entendu, pas cette vertu que notre petit président définit en terme de richesse. Personne, à ce que je sache, n’a jamais dit qu’il est techniquement impossible d’avoir du courant électrique 24/24 dans le pays. D’ailleurs, il fut un temps où il y avait du courant 24/24 dans nos grandes villes. Il n’y aura rien de nouveau dans le fait d’avoir du courant 24/24. Il n’y a aucune capitale politique à faire là-dessus. Avoir du courant 24/24, c’est ce qui se fait dans tous les pays dirigés par des gens normaux et c’est ce qui devrait être fait chez nous. Ce sur quoi les haïtiens ont été toujours sceptiques, c’est la vulgarisation assidue de ce dérèglement verbal, dont souffre Jovenel, qui le poussait à dire qu’il électrifierait l’île d’Haiti dans 24 mois.

Mai 2020, alors que le pays connait pire qu’avant en matière d’électricité, c’est-à-dire 1 heure ou 2 heures de courant électrique par jour, et dans certains quartiers, c’est 1 heure d’électricité par semaine, le gouvernement en place jongle à nouveau une promesse de 3 000 gourdes à la population haïtienne en vue de répondre aux exigences quotidiennes et de mieux combattre la pandémie covid-19. Quelles exigences ? Avec cette somme piteuse ? Le gouvernement semble bien loin de notre réalité, pas de nourriture, pas d’électricité, puis surgit une autre promesse. Ala nonm ka pwomèt papa ! « Celle-ci sera encore non tenue » : s’inquiète une marchande de sucre.

En définitive, selon plusieurs investigateurs, la raison pour laquelle tout est soumis à cette baisse de productions de varreux et ce black-out généralisé sur Port-au-Prince : l’EdH ne dispose pas de fonds pour alimenter les centrales, réparer le réseau de distribution et faire le service des moteurs. À ce qui pourrait jouer de détour aux envies et décisions à l’État haïtien est que, tout chemin mène au fonds petrocaribe dilapidé et empoché.

Lanez DUVERSAINT

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