KATIZANA, un espace entrepreneurial d’épanouissement des prisonniers haïtiens à épauler dignement – AZ-INFOS

KATIZANA, nom dérivé de deux mots : carte et artisanat, est un projet mis sur pied depuis 2017 par deux jeunes détenus de la prison civile de Port-au-Prince. Un atelier permettant à ces jeunes de combler les vides que ne peuvent les membres de leur famille.

En effet, Ils ont décidé de produire des cartes de toutes sortes qu’ils envoient sur le marché de façon à se développer et à se sentir existés en dépit des péripéties auxquelles font-ils face chaque jour.

Ainsi, les retombées leur permettent de s’approvisionner en produits cosmétiques (dentifrices, savons…), de la nourriture ou encore de payer les avocats les assistant vers une éventuelle décision de justice.

Vu la limite de circuler des prisonniers pour aller découler leurs produits, ils avaient demandé à certains amis jouissant de liberté de former un comité d’intermédiaire dans le but de faire la promotion de l’atelier, KATIZANA, à l’échelle nationale et internationale, puis, faciliter l’échange avec les intéressés.

À cela, ils ont un partenariat avec la Congrégation religieuse Internationale, Inter Congrégation Missionnaire (CIM) leur permettant de vendre des cartes au marché international. Ce comité compte en effet onze (11) promoteurs jouant différents rôles :

Coordinatrice, Responsable de marketing et vente, Responsable logistique, Responsable informatique, Porte-parole, Secrétaire, Responsable relation internationale et autres. Ce comité constitué de jeûnes volontaires représentant les détenus entrepreneurs se renouvelle annuellement. Ledit comité est chargé pour acheter les matériels et découper les bristols, car les objets coupants sont interdits à l’intérieur du centre carcéral. Et, la congrégation CIM se chargera de livrer les matériels déjà bien ciselés à l’atelier et l’argent dont ils ont besoin.

Pour confectionner ces cartes, ils utilisent entre autres : bristols, crayons de couleur, crayons noirs, règles métriques, plumes de diverses couleurs, feutres de diverses couleurs, aiguisoirs et gommes.

L’atelier produit 40 cartes en moyenne par jour, ce qui donne un total de 1200 cartes par mois.

Les cartes se vendent au prix minimal de 100 gourdes. Et 50% de cet argent permet aux prisonniers d’acheter ce dont ils ont besoin, 20% dans la rubrique d’avocats en cas de nécessité et l’autre 30% pour le fonctionnement du comité (transport, copie, internet, louage d’espace).

Malgré le confinement, l’atelier KATIZANA continue à produire et cela les aide notamment à se passer des ennuis quotidiens. Cependant, à cause de la Covid-19, le comité d’assistance est limité dans ses manœuvres et profite des réseaux sociaux pour vulgariser les œuvres de l’atelier et toucher le plus de personnes possible.

KATIZANA a des points de vente à Delmas 2000 pour des cartes artistiques en raison de 10% ; à la Société Haïtienne de la Santé Mentale (SOHSAM) située à la Rue de l’enterrement à proximité de la prison qui découle les produits gratuitement ; il y a déjà accord avec le Délimart de Clercine pour recevoir des produits prochainement; et par le biais de CIM sur le plan international dans différentes congrégations.

Lorsqu’ils sont autorisés, ils vont découler les produits également à l’église Saint-Louis de Gonzague chaque dimanche. Entre outre, ils participent à de nombreuses expositions artisanales.

Les cartes sont bien plastifiées et sont destinées à des occasions telles : Pour la Noël, fêtes des mères et des pères, des amoureux et d’autres sur la culture haïtienne. Certaines sont déjà disponibles à Delmas 2000 pour l’occasion de la fête des mères.

KATIZANA est composé 14 artistes prisonniers qui œuvrent depuis leur cellule partagée. Deux d’entre eux ont été libérés et sont déjà remplacés.

À noter, l’atelier KATIZANA ne fait pas de promotion pour l’identité des prisonniers, ni pour leurs œuvres, mais se destine à promouvoir exclusivement ledit atelier. Tout ceci est possible grâce à des informations parvenues à la rédaction d’AZ-INFOS TGV par le biais de leur porte-parole, M. Richard Trezil.

Par ailleurs, nous réclamons le support de tout un chacun pour KATIZANA qui fait un boulot louable à l’intérieur de la prison. N’est-ce pas une association à assister par toutes les couches conséquentes de la société haïtienne avec toute la noblesse que cela requiert ? Car les détenus restent des humains, ils doivent jouir pleinement des droits qui leur sont reconnus.

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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