L’union fait la force : la légende d’un pays littéralement divisé – AZ-INFOS

« L’union fait la force : cette légende nous rappelle qu’il a fallu l’union sincère des Noirs et des Mulâtres pour libérer Haïti de l’esclavage et fonder notre indépendance nationale ». Une phrase porteuse de souvenirs et accoucheuse d’idées qu’on avait pu lire et étudier pour la plupart dans ce petit ouvrage académique : ( J’aime Haïti, p 8). Qu’en est-il alors de cette union aujourd’hui ? Les difficultés qu’ont dû faire face les héros de l’indépendance, n’étaient-elles pas plus considérables que celles actuelles ? Qu’est-ce qui nous empêche de renouer avec nos moments de gloire ?

En effet, il n’est un secret pour quiconque cette terre qu’on appelait Perles des Antilles dont les idéaux étaient construits sur le socle de l’union, a fini au fil des ans par perdre ses repères. À bien observer, depuis l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, le 17 octobre 1806, avec Henry Christophe et Alexandre Pétion, la toile de l’unité haïtienne avait déjà commencé à se trouer. Aujourd’hui, on parle encore avec désinvolture de la scission du pays. Une division qui a cruellement traversé tout le chemin pouvant nous conduire à un État organisé et uni. La situation s’est encore aggravée après le fameux cataclysme du 12 janvier 2010, où les classes politiques, économiques, sociales, religieuses et autres n’arrivent plus à se joindre dans un même carrefour pour régler la cause sujette à requinquer le pays.

Des intellectuels qui vendent leurs âmes juste pour des miettes, des économistes qui nient les grands points de l’actualité économique, car leurs intérêts personnels n’y sont pas, des constitutionnalistes qui crachent à grosses et vilaines gouttes sur les dispositions de la constitution en vigueur, des partis politiques éparpillés à travers le pays sans réelle idéologie et structure ; un secteur religieux divisé à tous les points ; l’éducation des enfants ne requiert plus son importance de jadis aux yeux du plus grand nombre, elle n’est plus une arme de combat contre l’inégalité sociale : « mon fils ne peut fréquenter le tien, car il a été chez les Frères et le tien n’a fréquenté que « Plop Plop collège ». Depuis leur toute petite enfance, ils sont séparés, on leur a enlevé leur innocence. De là, la division est consommée. Et en tout ça, Haïti voit rouge.

Il est plus facile aujourd’hui de parler des mulâtres, des noirs, de la bourgeoisie, de la classe pauvre, des policiers du Pouvoir et ceux de l’Opposition, des gens d’en haut et ceux d’en bas que de parler d’haïtiens. Dans ce coin, il y a ceux qui vivent aisément sans travailler et ceux qui travaillent dur sans pouvoir vivre. Il y a les cris d’abondance d’un côté et de l’autre, les cris de gémissement de la faim, de douleurs, d’amertume, il y a les derniers cris. Oui, on abandonne la vie, on tourne dos à Haïti sous l’impulsion de nos idées de mesquinerie.

Avec l’abandon de cette union tant nécessaire, cette spirale de combats sanglants à n’en plus finir entre les progénitures de la nation conduit à cette fébrilité populaire, cette politicaillerie, à ce « je m’en fous » de la jeunesse haïtienne, la misère s’installe, les têtes se volatilisent, les verrous sont cassés. Et le comble, c’est notre confort dans cet espace transformé en fournaise, car nous nous pensons disposer de la carapace nécessaire pour y survivre. On se trompe !

Il ne dit rien que la majorité n’a pas d’accès aux services de base. La lutte pour le pouvoir et le monopole de l’économie nous bouche les yeux sur les réels besoins de la majorité.

On est sur le terrain à dire entrain de défendre les mêmes causes, mais nos intérêts ne sont pas les mêmes. Cela dit, nos mouvements n’aboutiront à rien, car le résultat de l’équipe ne nous concerne pas tous. Combien de jeunes qui ont déjà abandonné la bataille pour la reddition de comptes concernant les fonds du Petrocaribe bêtement dilapidés juste parce qu’un patron de corruption leur a parlé en privé ?

À l’intérieur d’Haïti existent plusieurs haïtis, et c’est « haïtis contre haïtis ». Des Partis politiques se divisent pour donner lieu à des gabegies politiques ; La désunion prend chair. Nous ignorons que nos luttes fratricides, nos massacres perpétrés sans gênes dans les quartiers populaires, uniquement pour des miettes politiques et économiques, la division prônée par des leaders d’opinion et les écarts placés entre les filles et fils de cette même Patrie, sont les premières causes de l’effondrement de notre édifice républicain. Ainsi, à chaque fois que nos yeux arrivent sur le drapeau, apparaît en grande manchette : « L’UNION FAIT LA FORCE » tout en nous foutant du fait que cette légende implique que l’union des coeurs et des volontés est nécessaire pour redorer le blason d’Haïti.

Sur ce pas, il est impérieux que nous retournions à l’Alma mater, « l’UNION ». Le relèvement d’Haïti passe inexorablement par une poignée de main solide, sincère, franche et collectivement ambitieuse entre tous les héritiers de Toussaint, Dessalines, Christophe, Pétion et les autres vaillants héros de l’indépendance. Et, ce sera de bonne grâce pour l’ensemble du pays.

Pour Haïti, pour un avenir glorieux, marchons unis !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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