Aimer Haiti; comprendre Haïti; prendre soin d’Haïti – AZ-INFOS

En 1891, l’instituteur français, Camille Texier qui pourtant n’était pas partisan de la révolution haïtienne, a eu la finesse d’esprit de comparer Haïti à : « Un Eden où sont entassées toutes les merveilles de la flore tropicale. ». En effet, partout dans le monde on était d’avis de la richesse et de la beauté infinies de cette parcelle de terre bénie. Au point qu’après notre indépendance certaines puissances telles la France, l’Espagne, les États-Unis et même l’Angleterre s’étaient livrées à une lutte à distance pour chercher à reprendre le contrôle de la richesse coloniale de la belle île. Qu’est-ce qui donc avait rendu Haïti si florissante ?

Nombreux vont s’asseoir sur le socle de l’exigence qui était faite à nos frères de jadis, assoupis dans l’esclavage, de travailler constamment les terres et d’exploiter à bon escient les richesses du sol haïtien. L’extraction de ces biens avait quand même exigé d’énormes sacrifices. Bien qu’en 1838 le comte de Las Cases ait martelé qu’il suffisait uniquement de gratter le sol haïtien pour qu’il produise abondamment, tant il était riche, tout en étant dithyrambique à la riche production de la colonie, le comte n’a cependant rien retiré de la force de travail de nos vaillants frères humiliés et oubliés sur les plantations.

Nous parlons certainement d’Haïti qui, aujourd’hui, n’est même pas une terne copie de ce qu’elle était. Qu’est-ce qui justement nous plonge dans cette dèche ? En fait, d’Alexandre Pétion passant par Jean Pierre Boyer tout en jetant un regard soutenu sur les Duvalier pour atterrir à Jovenel Moïse, sans prendre le temps de mentionner un ensemble d’autres dont la gouvernance en dit encore long sur le pesant faix qui pèse Haiti, sans compter les députés, les sénateurs, les ministres, les directeurs généraux, les juges, les intellectuels et autres, on pourrait aisément se demander est-ce que ces hommes et femmes-là se rendent compte que l’amour de la patrie est le corollaire de tout résultat dans ces postes de hautes responsabilités.

Sur ce sujet, il est un sexagénaire avec un langage pointu et soutenu, ce vieillard, connu comme agent de loterie, il parlait, mais avec un air perdu et déboussolé, de l’Haïti d’hier comparativement à ce qu’elle est devenue aujourd’hui. En gros, j’ai notamment retenu cette phrase : « François Duvalier avait donné aux jeunes haïtiens des armes, par contre, Fidel Castro avait donné des plumes et des cahiers aux jeunes cubains. Et, voyons présentement le résultat… » Bref !

Aimer Haïti implique une conscience patriotique qui doit ostensiblement nous porter à nous battre pour changer l’image du pays. Aimer Haïti nous empêchera d’empocher les fonds alloués à des projets de développement au détriment du reste. Aimer Haïti nous fera prendre soins de nos intellectuels conscients et leur permettre de mettre leur compétence aux profits du pays. Aimer Haïti repousse très loin toute idée d’abandonner Haïti avec l’idée de revenir quand tout sera rétabli. Aimer Haïti, c’est nous engager à la défendre à fond contre les entraves de toutes sortes érigées contre son progrès.

Comprendre Haïti, c’est nous rendre finalement compte que nous ne pouvons pas continuer à élire des brigands à la tête du pays; que l’éducation ne doit plus être traitée en parents pauvres; qu’on a besoin de la force de travail, de la motivation, de l’énergie des jeunes pour rebâtir Haïti.

Prendre soin d’Haïti, c’est faire passer d’abord les intérêts de l’être haïtien avant tout autre; c’est offrir à chacun des conditions de vie décentes; c’est protéger l’image d’Haïti aux yeux de l’étranger; c’est polir, par nos actes, l’œuvre de l’indépendance qui est si fabuleuse, surtout lorsqu’on la garde à sa juste valeur.

Au delà de tout, nous avons un pays à reconstruire, pas une reconstruction comme celle promise avec René Préval après le séisme du 12 janvier 2010 où les fonds décaissés dans le cadre de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) étaient galvaudés par Bill Clinton et certains soi-disant haïtiens, jusqu’aux fonds Petrocaribe dilapidés durant les dix (10) dernières années , ce qui engouffre l’ancienne Perle des Antilles encore plus dans cette gloye boueuse de honte des Antilles. Ce n’est évidemment pas malveillant de la part du récent élu dominicain, Luis Abinader, quand il a lancé qu’Haïti est invivable. C’est une occasion surtout offerte à nous pour changer notre vue de la situation.

Aimer Haïti, comprendre Haïti, prendre soin d’Haïti, c’est vraiment la clé de voûte de l’autre pays dont nous rêvons tous.

Haïtiens et haïtiennes compétents et conséquents, à vous la main !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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