Et si Haïti avait réellement un ministère de l’éducation ? – AZ-INFOS

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », a un jour martelé Nelson Mandela, la légende sud-africaine. Alors qu’en Haïti, nous sommes en quête de changement, nous nous enlisons dans un mépris sans borne à la chose éducative.

On a, pour la grande majorité, vu cette vidéo où un élève du lycée Pinchinat de Jacmel essayait de se défaire de certains policiers qui le traquaient, ainsi que ses camarades. Lesquels élèves protestaient, exigeaient la présence d’enseignants dans les salles de classe. Impensable, après une si longue période d’arrêt des activités scolaires pour cause de covid-19. Bref, tandis que le ministre de la prétendue éducation nationale, Pierre Josué Agénor CADET, fait la navette dans les médias pour parler d’un quelconque plan visant à régulariser la situation des enseignants partout dans le pays, force est de constater que tout ça n’équivaut qu’à des ragots. Comment peut-on se permettre de mentir à un pays avec une si déconcertante facilité ?

En vrai, les policiers doivent connaître leurs compétences, ils n’ont pas de réponses aux questions qui taraudent l’esprit des élèves. Ils réclament des enseignants et vous vous pointez avec vos fusils d’assaut, avec vos récipients à gaz lacrymogène en profusion, avec vos bâtons… Wow ! Vous avez tellement de quoi payer un collège de luxe pour vos enfants ? Pour autant que vous êtes bien traités ? Oubliez-vous déjà les actes de brigandage que vous aviez perpétrés dans plusieurs institutions pour réclamer de meilleures conditions de travail ? Ignorez-vous déjà que vous aviez fait marche arrière face aux hommes de « G9 an fanmi ak Alye » qui avaient fait des tours pedestrement à tirer dans la Capitale ? Êtes-vous uniquement missionnés pour traquer les sages, les moraux, les intellectuels,…? En effet, incompréhensible que les élèves, les enseignants, les petrochallengers, les citoyens paisibles du pays, réclamant un mieux être, soient les principaux visés par les forces de l’ordre, alors que dans notre histoire, jamais auparavant, nous n’avions eu autant de gangs armés. Cela ne vous dit rien dutout ? C’en est assez bande d’écervelés !

Oui, une scène frustrante que beaucoup en rient, les commentaires sont divers, un groupe incrimine l’élève, car selon eux, il n’avait nul droit de se défendre. Hmmm ! Peut-être, ignorent-ils qu’il y a de la vertu dans la défense, n’est-ce pas sénateur Dumont ? Peut-être, ne se demandent-ils pas qu’est-ce qui pourrait bien être à la base de tout ça. Ah oui ! On devient aliénés le jour où l’on commence à considérer les violés comme sauvages quand ils décident de ne plus être des objets de jouissance des violeurs de l’État, de tout un peuple. Dites donc, il n’avait pas le droit de se défendre, mais c’est juste de ne pas disposer de professeurs ? C’est bien de galvauder de sommes faramineuses tandis que les enseignants ne sont pas payés ?

Il est important, avant tout commentaire mal fondé, d’aller à la genèse du fait. À un moment où ils devraient être normalement en classe à déguster le pain d’instruction, mais ils étaient dans la rue, ils s’adressaient à l’État, aux dilapidateurs des fonds Petrocaribe, à Jovenel Moïse, à Agénor Cadet, à tous les menteurs de la République qui veulent nous faire passer pour des cancres.

Par ailleurs, faites-vous ces questions, lesquelles j’estime pertinentes : Et si l’éducation était réellement prise en charge en Haïti ? Et si les enseignants étaient traités à leur juste mérite ? Et si les Lycées avaient gardé leur noblesse ? Et si le budget de l’éducation n’était pas si vil ? Et si au pouvoir il n’y avait que des domestiques de l’étranger qui cherche à tout prix à nous enlever le bol de l’éducation juste pour s’emparer de nos biens. Notre pays est donc détruit par ses pairs au profit de l’étranger.

En Haïti, nous avons perdu le goût de réclamer ce qui nous est dû, à l’article 19 de la loi mère du pays (la constitution), il est dit : « l’État a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction… ». Et pourtant, nos droits sont bafoués à tous les niveaux, néanmoins nous ne le dénonçons pas; nous nous accommodons à la situation telle qu’elle est. Le plus ahurissant, lorsqu’un frustré se défend, on le traite de sauvage, de bandit, de brigand, on l’ignore; on le traite de tous maux sans comprendre qu’il ne fait que réagir aux mépris et courbatures morales subis de ces colons noirs et resquilleurs, qui se disent présidents, sénateurs, députés, premiers ministres, ministres et autres. Ils doivent s’arrêter de mettre face-à-face les enfants d’une même matrice !

Aujourd’hui, nous sommes en passe de perdre complètement le fil. Que les voleurs ont la voix au chapitre ; que les bandits armés font la loi ; que l’étranger gouverne Haïti, la première République noire libre, c’est une honte historique ! Pour s’en sortir, il nous faut de vrais patriotes, haïtiens conséquents pour réclamer le plein respect de leurs droits fondamentaux. Martin Luther King nous disait : » Si nous ne combattons ensemble comme des frères, nous mourrons tous ensemble comme des idiots ». Osez sortir de ceux qui se préparent déjà leur tombeau, retirez-vous de ceux dont l’esprit est déjà cadavre, faites donc honneur à Haïti.

On réclame la présence des enseignants dans les salles de classe, avant tout,on réclame qu’ils soient rémunérés, que leurs efforts soient justement récompensés; on réclame un vrai ministère d’éducation, pas un ministère qui s’intéresse plus aux affaires pécuniaires qu’aux affaires académiques ! On réclame que l’éducation ait une place de choix sur la table de refondation de la nation haïtienne ! Une refondation tant nécessaire !

Les peuples conscients ne confient leur destin à un homme ou à un groupe d’hommes, mais endossent eux-mêmes leurs responsabilités, n’est-ce pas Thomas Sankara ?

Ô Haïti, peuple conscient, quand donc endosseras-tu tes responsabilités? Si on se tait, on se fera complices. Par conséquent, on va toutes et tous finir dans la poubelle de l’histoire. Le devenir d’Haïti, c’est bien aujourd’hui !

Une autre pensée pour Haïti !

Mes civilités !

Chrismann Jean-Jacques TOUSSAINT
t.chrismann05@gmail.com

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